10.08.2009

Vieilles Charrues 2009 (3)

Les interventions

En arrivant sur le Festival, je m'attendais à un certain type d'intervention, bien connues des secouristes associatifs à savoir les bourré(e)s. Finalement, elles n'auront pas été si nombreuses que ca, tout comme les interventions tout court. Pourtant, nous avions une ville de 30000 personnes à gérer.

Dans notre salle de repos, notre tableau Velleda servait à noter nos inters, pour l'élection de l'intervention la plus "fun".

Au palmarès de Grenat 2:

- 3 traumas de cheville

- 1 trauma de genou

- 1 épaule déboîtée

- 1 trauma cervical dont je raconterais la suite

- 1 trauma du rachis dorsal dont l'histoire est presque la même que celle du trauma cervical

- 1 suspicion de grippe

- quelques malaises

- quelques malaises éthyliques dont quelques uns avec violence de la part de victime ou de l'entourage

 

Trauma cervical

Il est 7h du matin, la plupart des équipes d'intervention dorment moi y compris. La chef de secteur me réveille: "Vous partez sur un trauma cervical camping 4". Les pensées à ce moment là vont de : "mais qu'est ce qu'ils ont tous au camping 4" à "un trauma cervical à 7 h du mat', ils dorment pas ou quoi?" en passant par "il faut que je me réveille...RE-VEI-LLE".

Au moins à 7h, le trajet s'est passé tranquillement. Sur place, pas mal de ses potes sont autour de la tente et se rongent les ongles d'angoisse. Ils ne sont pas énervés, c'est déjà ca. L'agent de sécurité reste sur place quand même.

Dans une tente Quechua (je le rappelle, fournisseur presque officiel du Festival en solution de logement, ndlr) 2' située au bord du chemin, une jeune fille en position du lotus se tient la nuque avec sa main gauche. Elle est au milieu de la tente. Elle me raconte qu'en dormant, quelqu'un lui a marché sur la nuque et le dos ; qu'en se relevant, elle a entendu crack ; elle ne peut plus bouger et elle a mal.

Tous les secouristes à ma place se seraient dis: "dans quelle merde je suis". Il n'est plus question de simulation, ni de fausses victime. On a pas intérêt à se louper. Petit bilan-topo au PC.

J'envoie L. au maintien de tête et décide de faire mettre un collier cervical plus l'attelle cervico-thoracique. C'est le genre de matériel que nous n'utilisons qu'en entraînement et assez peu d'ailleurs, autant dire que je ne suis pas très à l'aise. J'essaye de prendre des renseignements complémentaires et surveiller la bonne mise en place de l'attelle, mais c'est impossible, la tente est trop petite. A ce moment là, il ne m'est pas venu à l'idée, ni même à mes équipiers de découper la tente pour être à l'aise. Petit bilan d'étape au PC qui me demande si une VLM serait utile. Un peu dans le gaz, je me rends compte que l'idée n'est pas mauvaise, au moins pour passer un antalgique.

Une fois la victime bien arnachée, le médecin et l'infirmière sont là. Même pas eu le temps de prendre les constantes. La mise sur le plan dur nécessitera de vaincre l'appréhension de la jeune fille. Dans l'ambulance, une perf a été passée, pendant que je prends les renseignements de la vitime auprès de sa copine (fort mignonne au demeurant) et lui explique la suite.

Au final, je n'ai pas su ce qu'elle avait. Toujours est-il que 2 jours après son accident, elle était encore à l'hôpital avec notre collier.

01.08.2009

Vieilles Charrues 2009 (2)

Les équipes d'intervention qui, je le disais avait le secteur des campings à gérer : 12 campings festivaliers + le camping des bénévoles

Nous disposions de 3 VPSP tous très bien équipés, dont le notre, que le chef de dispositif nous avait demandé de ramener. Les équipes étaient constituées de 4 personnes (quasiment toutes PSE2) dont un chef d'intervention. Mon équipe (Grenat 2) tournions à 5 au début, mais devant les difficultés et les insatisfactions à gérer une équipe de 5, nous tournions à 4 comme les autres. Finalement 4 secouristes est le chiffre idéal pour ce genre d'évènement. A 3 nous n'aurions pas été assez sur la majorité des interventions qui peuvent parfois être dangereuses. Le 5ème secouriste (en alternance) servait pour décaler sur la VL Onyx 2 (notre chef de secteur).

Chronologie et déroulement d'une intervention

Lors de nos interventions, nous étions alertés soit par le PC sécurité, soit par le PC Croix-Rouge.

Globalement, nous savions sur quoi nous intervenions puisque les agents de sécurité affectés aux campings s'enquérissaient de l'état de la victime avant de nous déclencher. Cela nous a valu très peu de fausses alertes et c'est assez appréciable au vu des conditions d'intervention.

Donc déclenché, nous armions l'ambulance et nous dirigions vers l'entrée des campings où nous attendaient 1 ou 2 agents de sécurité. Ces agents à vélo ou en scooter nous escortaient jusqu'à la victime, restaient sur place le temps de l'intervention et nous ramenaient jusqu'à l'entrée des campings où nous continuions notre évacuation vers le poste médical. Cela peut paraître excessif, mais ce fut une condition rédhibitoire de l'intervention réussie de nos équipes. En effet, les 12 campings n'étaient pas dans la continuité et durant ces 4 jours, malgré le nombre d'interventions, aucun secouriste des équipes d'inter n'aurait trouvé le chemin que ce soit à aller ou au retour (surtout la nuit).

Camp Quechua

Pour vous faire une idée, les campings en dehors des allées dégagées herbeuses cahotantes ressemblaient à un camp de réfugiés. Aucun repère fixe pour nous aider à trouver la victime, d'autant plus que les tentes du même modèle se ressemblaient toutes. Imaginez-vous donc dans ces conditions pour intervenir en pleine nuit au camping 10 pour un traumatisme. Les gyros et un coup de 2 tons de temps en temps servaient à nous assurer une fluidité dans le transport, ainsi que l'escorte à vélo qui poussait les "sourds", les récalcitrants ou les emmerdeurs. Une fois sur place, les agents de sécurité contribuaient à assurer la sécurité et la tranquillité de notre intervention et ce fut quelquefois appréciable.

26.07.2009

Vieilles Charrues 2009

Vieilles-charrues-2009--2-.jpgVoilà c'est fini depuis plus d'une semaine et toujours l'envie d'y retourner. On aurait tous voulu que ca ne finisse pas. Tellement de choses se sont passées que je ne pourrais pas tout vous raconter en une seule fois.

Pour ceux qui seraient tentés de me demander quels artistes il y avait, je leur dirai que je ne sais pas puisque je n'y suis pas allé pour ca et qu'en plus je n'étais pas affecté aux postes de secours dans le site même du festival.

Descriptif sommaire

Chaque scène possédait un poste de secours, plus ou moins grand auquel était affecté 2 ambulances pour faire les évacuations vers le poste médical. Ces postes étaient activés de 13h à 3h, heure d'ouverture du site. 2 de mes collègues y étaients affectés. Tous les secouristes affectés aux postes étaient logés dans un gymnase.

Quant à moi et à mes 2 autres collègues étions affectés aux équipes d'intervention. Equipes activées 24h/24 pour intervenir sur les campings. Nous avions 4 équipes dont une de repos sur des vacations de 8h et nous étions soit de 1er départ, de 2ème ou de 3ème. Le 3ème départ nous servait aussi de temps de repos supplémentaire puisque nous sortions peu.

Les équipes d'inter, en rythme décalé par rapport aux autres, étaient logées dans un bâtiment désaffecté d'un IME à proximité de notre base. C'était assez bizarre puisque nous n'avions pas l'électricité, ni la possibilité d'ouvrir les volets. Une grande salle de bain avec eau chaude était vite inondée et inondait aussi par la même occasion le pavillon.

Notre base de départ se situait à proximité des campings (festivaliers et bénévoles) et de la zone "commercante" du Festival. Nous étions dans les bâtiments administratifs d'un IME où nous avons pu nous organiser un petit standard, une salle de pause avec un "tableau Velleda défouloir", ainsi qu'une zone de repos pour le 3ème départ.

La suite, dans un autre billet.

03.07.2009

Tornade

En général, quand on va sur un poste de secours, on sait généralement à quoi s'attendre (sauf pour les nouveaux postes). Celui du 20 juin, le feu de la Saint-Jean, LE poste-type par excellence aura réservé au moins une surprise assez sympathique que je vous laisse découvrir.

 

Phénomène assez étrange qui se déroula toute la soirée. Il faut dire qu'il y avait une légère brise qui permit cela. A la base de la colonne d'air chaud des braises incandescentes tournoyaient, mais personne ne fût brûlé. Etonnant car les flammes étaient quasiment blanches et des ados en mal de sensation fortes s'amusaient à rentrer dans le cyclone.

25.03.2009

Daltonien ?

15pp.jpgWeek-end dernier, 3 postes de secours pour notre délégation.

Le 1er, un poste tranquille pour une animation sur une place de la ville pour la recherche thérapeutique en cardiologie. Les équipiers en ont profité pour faire une désinfection complète de l'ambulance. Ca ne fait jamais de mal.

Ils ont enchaîné sur le traditionnel foot américain. Dommage pour S. qui n'en faisait pas beaucoup car arrivé sur place, l'organisateur m'annonce qu'aucun des 2 matchs n'aura lieu car les équipes se déclarent forfait. Pour plaisanter avec les joueurs, on leur dit qu'ils avaient bien joué. Ca nous a vraiment étonné car ils sont venus de région parisienne pour rien et sont repartis aussi vite. De notre côté, nous en avons profité pour se faire une petite bouffe bien sympathique au local. Certains secouristes ont joué au mini-billard américain pendant que d'autres écoutaient de la musique.

Le lendemain, course de vélo dans un quartier excentré de l'agglo . L'adresse fournie n'était pas la bonne et même en arrivant sur site 10 min en avance après un gros détour, la course avait déjà bien commencé. Trois quarts-d'heure plus tard la course était déjà terminée et une pause-repas de 2h se profilait avant la reprise. L'après-midi se passa très lentement, mais le "spectacle" fut assuré par un membre qui assurait la circulation. Il était muni d'un panneau type chantier avec un côté "vert" et un côté "sens interdit", donc de couleur rouge. Quoi de plus normal pour faire passer les voitures de montrer le sens interdit et leur faire signe de s'arrêter de leur opposer vigoureusement le vert? Risque d'accident non négligeage. Après s'être fait remonter les bretelles il comprit enfin qu'un peu de rigueur était nécessaire. Nous n'avions pas particulièrement envie d'avoir un accident VL/vélo(s) à gérer...

16.03.2009

Divers

LogoUB.jpgSamedi dernier, gala d'une école d'ingénieurs. Il y a une chose assez symptomatique chez certains organisateurs de manifestations (surtout quand ils changent chaque année), c'est la prise en compte de nous les secouristes. Ca ne m'a pas fait rigoler sur le coup, mais l'organisatrice pensait que nous nous installerions dehors... la salle qui nous est traditionnellement réservée servant de garde-manger. Pour ceux qui seraient étrangers au monde des secours, imaginez 6 secouristes avec 3 brancards à traiter des étudiants dehors, sans rien. Effectivement nous avions l'ambulance, mais elle ne peut traiter qu'une personne la fois. Nous avons finalement trouvé un espace à peu prêt correct pour s'installer... dans les toilettes.

Finalement contrairement aux autres postes de type gala, nous nous sommes ennuyés et même moins bosser que sur les foots américains: c'est dire!

Une de nos 3 victimes de la nuit ramenées au poste se trouvait plutôt pas mal en notre compagnie. C'était sans compter le flair de M., notre étudiant infirmier qui lui trouvait le teint un peu "jaune". En général, nos "clients" arrivent plutôt  avec le teint "blanc". Au bout de 5 min, il finit par nous dire qu'il a des origines thaïlandaises, ce qui ne laissait rien supposer au départ. Et moi de répondre à notre perspicace M. qu'il avait sûrement dû abuser du riz au curry...

12.03.2009

Retour sur scène

fond2dde2dpage_vide.gifSamedi de la semaine dernière, ca ne va vous faire ni chaud ni froid mais c'était mon premier poste de secours de l'année 2009 et même plus encore depuis le 6 décembre. Quasiment 2 mois sans aller en poste. Ca me manquait un peu surtout quand on est habitué à en faire presque toutes les semaines.

Poste au demeurant sympathique et pas très long (juste une matinée). J'ai profité d'avoir pour la première fois une secouriste nouvellement formée et pour qui s'était son premier poste pour refaire le job de tout chef d'équipe: faire l'inventaire de tout le matériel, à quoi ça sert, faire des révisions secouristes et animer un peu le poste. Ca nous a pris une heure. Je suis très satisfait, tous les secouristes ont apprécié. C'est sur ces postes tranquilles là qu'il faut en profiter pour maintenir le niveau et pour certains le remonter.

10.12.2008

Punition

Saint-Nicolas_jpg-2.jpgDans l'Est de la France le 1er week-end du mois de décembre a lieu le traditionnel défilé de la Saint Nicolas.

Outre les enfants pas sages qui se font sermonner par le Père Fouettard, les adultes aussi. C'est ce qui s'est passé lors de ce défilé dans une petite ville où nous étions présent pour assurer la sécurité.

VL en tête et ambulance à l'arrière du cortège, celui-ci avance lentement dans les rues de la ville. Radio de l'organisation à la main, j'écoute les infos du responsable de la manifestation. Je suis surpris par le peu de monde amassé sur les trottoirs. Parfois nous traversons des rues où il n'y a personne.

Mais qui peut donc bien se fait sermonner? C'est bien sûr Marie-Thérèse*... Il ne lui restait plus que 2 cartons de Saint-Nicolas en pain d'épice alors que le défilé n'en était qu'à la moitié. La sanction ne se fut pas attendre: en plus de se faire confirmer qu'elle est une mauvaise gestionnaire de pain d'épice, elle sera privée de feu d'artifice sitôt le défilé fini... et tout ca, annoncé en clair sur la radio pour qu'elle ne tente pas d'échapper à la sanction du Père Fouettard...

Feu d'artifice sur la facade de la mairie, discours de notre bon Saint-Nicolas qui se fait remettre les clés de la ville par la 1ère magistrate. Petit pot pour les acteurs du défilé et on rentre.

 

PS: dans ce petit poste sympathique et fort court, j'ai pu découvrir le charme de cette petite cité (sous-préfecture) de caractère. Comme quoi, il ne faut pas forcément se fier à ses préjugés.

* Le prénom a été modifié, parce que je trouve que Marie-Thérèse ca sonne mieux. J'espère que les Marie-Thérèse me pardonneront.

 

 

13.11.2008

Do you speak ?

Sans titre.jpgLa saison de foot américain recommence. Elle s'échelonne de novembre à avril. Ce samedi, c'était le 1er match: Nancy/Strasbourg chez les 16-20 ans.

Malgré le froid tout se passe bien. Il aura quand même fallu qu'un des joueurs (le seul d'ailleurs) de Strasbourg se fasse assez mal pour justifier un petit tour aux urgences. C'était sans compter qu'il était américain, ne parlait pas français et que ses parents étaient présents, qui ne parlaient eux aussi pas français. Me concernant, j'ai toujours parlé anglais comme un vache espagnole, donc point de salut de ce côté là. Heureusement, une personne se chargea de faire le traducteur ce qui facilita grandement la tâche. Entre l'appel des arbitres et son évacuation par les pompiers notre victime sera restée 45 min au poste. Ca peut paraître long, mais il fallait ce temps pour bien comprendre la situation.

22.10.2008

Bilan NJP

jazz.jpgCa y est l'édition du 35e anniversaire du NJP est terminée. Année qui a fait le plein selon les organisateurs.

Pour ma part, cette année, je n'ai participé qu'à 3 concerts sur les 11. C'est peu comparé à l'an dernier où je les avais quasiment tous fait. Cela dit je n'ai pas été déçu par la programmation musicale avec des invités connus tels que Alain Bashung, Thomas Dutronc, Suzanne Vega et Dee Dee Bridgewater. Le pire c'est que je n'ai même pas regardé les musiciens pour choisir mes jours de poste. On se répartissait les soirées avec les chefs d'intervention en fonction des disponibilités de chacun.

Au menu victime, cette édition a été calme (sauf les 2 premiers jours) m'a-t-on rapporté. Peu de personnes alcoolisées. J'ai eu en revanche une soirée thématique malaise avec le schéma: je n'ai pas mangé-j'ai bu de l'alcool-je suis stressé-il fait chaud-c'est bruyant-donc je tombe dans les pommes. Le schéma classique que tous les secouristes connaissent. Nous avions prévu le coup d'une activité soutenue en contactant les services de secours (Samu-SP-police) en leur donnant toutes les précisions nécessaires à un bonne coopération.

J'ai quand même remarqué que la programmation des groupes et chanteurs (et ce pour tous les postes musicaux) influe directement sur notre volume d'activité et sur les cas rencontrés. Cette année, quelques têtes d'affiche, une programmation recentrée sur le jazz et le blues et nous tournions en rond. Cette expérience nous permet de savoir à quoi s'attendre et de s'y préparer.

 

D'autres nouvelles

Maintenant que le gros des postes est terminé, nous allons nous pencher sur la formation initiale et continue des secouristes... un sacré programme.

Une secouriste qui avait traîné ses guêtres chez nous avant de déménager vient de nous téléphoner: elle revient sur le secteur. Ca fait toujours plaisir.

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