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13.12.2007

Défi'b Le défi du coeur

La bataille contre l'arrêt cardiaque gagne du terrain. Avec d'autres villes de France, l'agglomération nancéienne rejoint le club de celles qui refusent la fatalité de l'arrêt cardiaque (Montbard, Cabourg, Issy-les-Moulineaux, Monaco, Paris,...).

Des défibrillateurs seront installés progressivement dans tous les lieux publics. Mais la particularité du projet nancéien est de former des volontaires secouristes munis de défibrillateurs (DAE) qui seront appelés par le Samu pour se rendre -dans leur quartier- au chevet des victimes d'un arrêt cardiaque. C'est un peu le principe des 1ers répondants canadiens. Je vous détaillerais le projet quand j'en saurais un peu plus.

 

Flyer Défi'b (pdf)

Dossier de presse Défi'b (pdf)

Article Est Républicain

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02.12.2007

Garde 15 - récit

Ce week-end, j'ai effectué mon 1er poste de secours routier au profit du Samu. Il s'est déroulé dans la nuit de samedi à dimanche de 00h à 8h. Cette nuit-là, il fait moche: pluie, froid: tout pour plaire... Petite appréhension sur le nombre d'intervention dans la nuit, sur ma forme physique si le téléphone sonne en pleine nuit...Et heureux enfin de faire autre chose que mes postes de secours de province. Ce poste aura un double intérêt: faire d'autres types d'interventions, découvrir le fonctionnement du réseau de secours à titre d'équipier et de chef d'intervention.

23h30 Je fais connaissance avec mes co-équipiers pour cette nuit. 

23h55 Le chef d'intervention ouvre le réseau de secours Saphir en contactant la régulation secouriste du Samu 92. Il existe en effet un aide-régulateur secouriste au sein du Samu Centre15 pour gérer toutes les ambulances associatives présentes sur le réseau. Il se fait assister par un opérateur-radio.

J'ai sommeil, mais les autres non et d'autres personnes rangent encore les jouets au local...impossible de s'endormir.

1h15 Intervention dans le 16e arrondissement de Paris. Normalement, ce n'est pas notre secteur, mais nous sommes l'ambulance la plus proche. Entre Boulogne-Billancourt et Paris, juste un périphérique...juste un autre département. Motif de départ: personne malade (ca veut tout et rien dire). Le chauffeur de l'autre délégation conduit prudemment, la circulation est faible, l'allure constante. Je suis rassuré; ce n'est pas un Fangio, je n'aurais pas besoin de serrer les fesses. Nous sommes dans les beaux immeubles, escalier en colimaçon étroit avec un ascenseur riquiqui au milieu: pas de place pour un brancard. Nous entrons, la dame âgée est un peu surprise de voir débarquer 4 personnes, le conducteur est resté en bas. Pour une 1ère intervention, elle est à mettre sur le compte d'une erreur de régulation: la veille dame appelait sa télé-alarme et voulait juste savoir si son médicament pour les gouttes ne provoquait pas d'allergie car elle a la gorge un peu irritée. Bilan rapide: tout va bien. Le chef nous dit de redescendre en attendant la réponse du Samu: ce n'est évidemment pas une urgence, mais nous nous devons de lui apporter une réponse.

De retour au local, les derniers "résistants" de la collecte de jouet ont rendu les armes et sont rentrés chez eux. Nous allons enfin pouvoir dormir: installation des "matelas" et sac de couchage. Je ne mets pas à l'aise pour dormir de peur de trop m'en dormir et aussi parce que je me dis inconsciemment que je ne vais pas dormir longtemps. Je m'en voudrais après: je dors sans dormir.

3h00 Intervention dans une maison de retraite de Suresnes. Les veilleuses ont appelées le 15 pour une hypoglycémie chez une dame de 86 ans. Il n'en sera rien. C'est plus grave que ca: oedème aigu du poumon (OAP). La dame a un pouls rapide voire très rapide et une saturation à 68%. La bouteille d'oxygène débite son précieux gaz à 15L/min. A ce rythme là, la bouteille va se vider rapidement d'autant plus que le Smur se rend sur place (Une intervention médicalisée dure en moyenne 1h). En poste, j'ai toujours une petite calculatrice format carte bancaire, au cas où. Pour mes détracteurs, ca sert quand on ne veut pas faire de multiplication et de division de tête (autonomie de la bouteille) à 3h du mat'...  Le Smur arrive (on voit à la tête du médecin qu'il n'a pas trop supporté le réveil matinal). Rapidement sur la suite: monitoring, perfusion, installation sur la chaise de transport, hop dans l'UMH (unité mobile hospitalière) direction l'hopital...sans nous.

Retour au local vers 4h15. Je ne fais plus l'erreur de toute à l'heure. Je me mets à l'aise pour dormir et bien m'en a pris.

6h30 Le téléphone sonne me tirant difficilement de mon sommeil. Intervention au nord de Boulogne. J'ai cru comprendre que c'était pour une crise d'épilepsie, ce sera un saignement de nez (epistaxis) qui ne veut pas s'arrêter. Durant le court trajet, j'ouvre la fenêtre pour me réveiller: il ne faut pas que je sois endormi.

La victime est un grand-père aveugle qui habite chez sa fille. Il a une bassine sur ses genoux rempli de sang coagulé et une serviette maculé. Ca fait un drôle d'effet le matin! Attention à l'AES. Je m'occupe de nettoyer la victime avec un gant de toilette, ca ne sert à rien d'user des compresses. Il n'en fait qu'à sa tête en ne pincant pas sa narine: il a assez perdu de sang comme cà. Ordre nous est donné de l'évacuer sur Poincaré. C'est à 5 min de là: super.

Retour au local à 7h15. Plus la peine de dormir pour si peu. Nous remballons nos affaires et entamons le petit dej.

8h Fin de la garde. Je rentre chez moi finir ma nuit. A 13h30, je suis en formation toute l'après-midi.